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CALINE

En mai 2017 CALINE une ponette de 4 ans a été retrouvée en suppression d'appui du membre postérieur gauche à la suite d'un traumatisme de conflit hiérarchique : la ponette a été introduite dans le troupeau et chassée par un congénère qui l'a tapé et lui est tombé dessus.

Une fracture déplacée des os métatarsiens IV et III (os du canon et os rudimentaire) avec luxation tarso-métatarsienne (luxation entre le jarret et l’os du canon) a été mise en évidence.

Le pronostic vital était fortement engagé ! CALINE n’a pas pu aller en chirurgie, nous avons donc posé une attelle qu’elle aura portée 3 mois avec des contrôles très réguliers ! A 4 mois et demi de l’accident nous avons enlevé l’attelle et laissé un pansement dit « pansement Robert Jones »  (très gros pansement). Ce dernier aura été gardé 3 mois et changé régulièrement afin de s’assurer de l’absence d’escarre notamment. CALINE est restée ensuite au box, puis dans un petit paddock.

 

Grâce à l’attention et la patience de ses propriétaires, aux nombreux suivis et surtout au caractère de CALINE, elle est désormais retournée avec ses congénères !

Elle fait même sa kiné tous les jours en fléchissant son jarret pour passer sous les clôtures !

 

Le pronostic vital de CALINE n’est plus engagé à ce jour. Elle va donc pouvoir partir chez des nouveaux propriétaires pour tenir compagnie à leur poney. CALINE ne pourra probablement jamais faire de sport, mais les soins apportés lui permettront de conserver une vie sans douleur au pré !

 

LITTLE

En septembre 2017, LITLLE (hongre Selle Français de 18 ans) est retrouvé avec une plaie sectionnant la peau au tiers distal du canon en regard des tendons fléchisseurs. La plaie a été recousue et un bandage a été mis en place. Son confort a été excellent les 5 premiers jours.

6 jours après, il a présenté une suppression d’appui et du fait que la plaie s’est mise à présenter des sécrétions, les points n’ont pas tenus. LITTLE a alors été mis sous antibiotiques pendant 15 jours, chaque contrôle ne montrant pas d’évolution satisfaisante.

Plus de 4 semaines après l’incident, un prélèvement et une analyse du liquide synoviale de la gaine digitale (gaine entourant les tendons fléchisseurs) ont été réalisés afin de savoir si LITTLE présentait une ténosynovite septique dont le pronostic était sombre. Une échographie a également été réalisée et mettant en évidence du liquide inflammatoire et des lésions tendineuses.

 

L’analyse bactériologique du liquide prélevé est revenue stérile… Youpi !!

LITTLE n’a pas pu aller en chirurgie pour éradiquer l’inflammation et parer les lésions tendineuses (traitement de référence pour la récupération sportive). Nous avons donc immobilisé LITTLE avec un pansement compressif pendant plusieurs semaines qui a été changé régulièrement afin de s’assurer de la bonne évolution de la plaie.

 

A 3 mois et demi, sa plaie est quasiment cicatrisée entièrement, il pose bien son postérieur et présente une légère boiterie au trot. LITTLE est donc retourné au pré avec ses congénères.

 

LITTLE peut remercier sa propriétaire qui s’est accrochée moralement pour lui accorder une seconde chance malgré l’absence de réponse aux premiers traitements. L’analyse synoviale de la gaine aura été un élément clé pour la décision de poursuivre les traitements !

 

Aujourd’hui, L. va toujours aussi bien, je le vois souvent en passant en voiture dans son pré et une échographie de contrôle est prévue afin de savoir où la cicatrisation tendineuse est rendue…

 

DIEGO

Mi novembre 2017, DIEGO (hongre de plus de 20 ans) a été vu à nouveau par un ostéopathe car il présentait une gêne sur son postérieur droit. L’ostéopathe a conseillé de faire voir DIEGO par un vétérinaire. Peu de temps après il s’est mis à tourner en rond, sur place à droite. Aucune amélioration n’a été observée aux traitements mis en place. Le lendemain DIEGO est tombé dans le pré et a eu beaucoup de mal à se relever (sens de la pente). Depuis, DIEGO transpire souvent en région déclive et est régulièrement en suppression d’appui de son membre postérieur droit et se met à tourner en rond sans cesse.

 

Lors de la consultation une fracture en regard de l’articulation de la hanche est suspectée. L’échographie a confirmé une fragmentation de l’acétabulum (légende 9 sur l'image du bassin) et de la petite échancrure sciatique (légende 12 sur l'image dubassin).

Le but du traitement a été de confiner DIEGO et de le mettre sous calmant pour diminuer son anxiété probablement due à la douleur et à la gêne fonctionnelle, le temps que le traitement anti-inflammatoire et de réparation osseuse prennent effet.

 

Il a mis une petite semaine avant d’arrêter définitivement de tourner en rond : il y a eu des hauts et des bas… Grâce à la persévérance de sa propriétaire DIEGO va très bien aujourd’hui « il a retrouvé son caractère de cochon avec sa congénère » comme dirait sa propriétaire qui attend que la pluie cesse un peu pour qu’il retourne dehors !

 

QUINA

Le 28/04/18 QUINA, une jument arabe de 14 ans, est vue en urgence pour une dystocie (poulinage ne se réalisant pas correctement).

 

Lors de l’examen d’admission QUINA est en état de choc et présente un décollement placentaire. Après avoir tranquillisé la jument, fait une anesthésie péridurale, des anti-inflammatoires et arrêter les contractions, l’examen gynécologique met en évidence une malposition du poulain, ce dernier étant déjà mort. Au vu de la présentation du poulain (mixte entre une présentation postérieure jarret fléchi et une position ventrotransverse, cf. illustrations) la seule possibilité de sortir le poulain pour maintenir en vie QUINA est une césarienne.

 

La césarienne sous anesthésie générale par laparotomie ventrale médiane en décubitus dorsale n’est pas choisie pour des raisons financières.

 

Grâce au Docteur Noël et son équipe, nous décidons d’envoyer QUINA à Nègrepelisse (Clinique Vétérinaire Midi Quercy) pour une césarienne sous anesthésie générale par voie d’abord latérale gauche. Les Drs Noël et Velay réalisent la césarienne pendant que le Dr Pichereau-De Zan est à l’anesthésie.

 

QUINA est restée quelques jours sous la surveillance de l’équipe puis une fois stable QUINA est retournée chez elle. La propriétaire étant au courant des nombreuses complications possibles (péritonite, endométrite, fourbure, déhiscence de plaie, hémorragie,…), nous suivons QUINA de très près dans les jours qui suivent.

 

A 4 jours de la césarienne QUINA a présenté un œdème important en regard de la plaie mais sans anomalie à son examen clinique (elle mange bien, n’a pas de fièvre,…). Grâce à l’échographie abdominale nous avons pu être rassurés : une petite collection liquidienne était présente à l’intérieur de l’œdème sans véritable collection de pus et QUINA ne présentait par ailleurs aucun signe évocateur de péritonite. La cytologie (analyse des cellules) de l’écoulement a révélé la présence d’un liquide très inflammatoire pluribactérien. Ce dernier critère étant plus rassurant que si une seule population bactérienne avait pris le dessus sur les autres.

 

A 7 jours de la césarienne QUINA a présenté des premiers signes de déhiscence de plaie (suture qui ne tient pas correctement) mais tous les paramètres vitaux de QUINA sont rassurants !  A 9 jours, la suture de la peau a lâché. Une suture a été refaite après nettoyage. Au 11e jour, les points ont de nouveaux cédé et une suture est de nouveau réalisée, en y ajoutant cette fois des points dits « de tensions » afin de répartir la tension de la plaie et d’espérer une meilleure tenue.

 

Au 13e jour, nous observons de nouveau une déhiscence de plaie. Il est donc décidé d’enlever tous les points cutanés et de laisser guérir par seconde intention : la plaie est nettoyée, curetée. Puis des pansements doivent être réalisés deux fois par jour dans un premier temps avec application de miel ou d’une pommade cicatrisante. Les retours sont excellents : QUINA est toujours en forme et la plaie cicatrise très bien !

Le 28/06/18, à deux mois de la césarienne, nous décidons d’arrêter les pansements et de laisser la plaie cicatriser « à l’air libre ».

Le 28/07/18, nous sommes à 3 mois de la césarienne et QUINA a quasiment fini de cicatriser !

 

Grâce à la motivation et la persévérance de la propriétaire, à la gentillesse de QUINA et également aux personnes ayant aidé la propriétaire de QUINA pour les pansements, la complication de la césarienne est rentrée dans l’ordre. Nous souhaitons maintenant une belle vie à QUINA.

 

Encore un immense merci au Dr Noël et à son équipe pour la prise en charge de QUINA, sans qui cette aventure et belle fin pour QUINA n’auraient pas été possibles.

 

CHANEL

CHANEL - intoxication aux glands de chêne

Fin novembre 2018 CHANEL, une ponette de 15 ans est retrouvée en diarrhée aigue depuis le matin.

 

CHANEL est en état de choc :

Elle est très abattue et présente plusieurs anomalies :

- une hyperthermie : augmentation de la température corporelle à 39,4°C

- une tachycardie : augmentation de la fréquence cardiaque à 102 battements par minute associée à des muqueuses congestives et sèches avec un liseré gingival et des pétéchies ; ainsi qu’un temps de remplissage capillaire augmenté à 3 secondes

- une tachypnée : augmentation de la fréquence respiratoire à 40 mouvements par minute ainsi qu’une discordance

- les bruits digestifs sont fortement augmentés et liquidiens à droite, et les bruits digestifs dans les cadrans gauches sont absents. Elle ne présente pas de distension de l’abdomen

- CHANEL est par ailleurs fortement déshydratée

 

De ce constat, CHANEL est tout de suite intubé : une sonde passe à travers son naseau et va jusque dans l’estomac afin de savoir ce qu’il en ressort. Aucun liquide ni particule n’est ressorti.

A l’analyse de la diarrhée des glands de chênes sont retrouvés.

 

Au vu de l’examen clinique et de l’analyse de la diarrhée une intoxication aux glands de chêne est fortement suspectée.

 

CHANEL est alors réhydratée à l’aide de perfusion et d’administration d’eau par sondage nasogastrique. Du charbon lui a été administré afin de capter les toxines encore présentes et de contrer la diarrhée. Parallèlement à ces soins intensifs CHANEL reçoit des anti-inflammatoire et des anti-spasmodiques ; tout en la laissant à la diète jusqu’à résolution !

 

CHANEL a eu beaucoup de chance : dès le lendemain elle allait beaucoup mieux, et ceci, jour après jour ! Elle a ensuite reçu des probiotiques afin de restaurer sa flore intestinale, indispensable à son bon fonctionnement intestinal !

Les propriétaires de CHANEL étaient très étonnés car « elle a toujours mangé des glands et il ne s’est jamais rien passé… »

 

Cette phrase nous l’entendons toujours. Alors pourquoi cette année ? et pourquoi les congénères n’ont pas eu de signes cliniques ?

 

« Les intoxications ont lieu majoritairement à l’automne, suite à la consommation massive, pendant plusieurs jours, de glands tombés au sol. La plupart des 75 espèces de chênes répertoriées sont concernées, bien que les teneurs en tanins varient entre espèces et avec l'âge des arbres (les plus jeunes seraient plus dangereux).

 

Le risque varie selon les années. Certaines années, dites « semencières » (tous les 3 à 5 ans) la production de glands est particulièrement abondante. Ainsi, dans un troupeau de 3 000 New-Forest en semi-liberté dans le Sud de l’Angleterre, la mortalité liée à l’intoxication par les glands passe d’environ 17/an à une cinquantaine en 2006, et plus de 70 en 2013 notamment.

 

De plus, principalement à la suite d’étés secs, un coup de vent précoce et violent à l’automne provoque la chute au sol de nombreux glands à peine mûrs (verts, plus riches en tanins). Chez certains animaux une forme de toxicomanie (consommation effrénée) est relevée. »

https://www.haras-nationaux.fr/information/accueil-equipaedia/alimentation/les-aliments/glands-et-tanins-gare-a-l-indigestion.html

 

Nous sommes dans une région où la présence de chênes est remarquable. Il sera en effet très difficile de limiter l’accès aux chênes chez certains d’entre vous. La complémentation des animaux dans les pâtures (foin) pourrait avoir une incidence positive, notamment quand les ressources sont rares ou peu accessibles (recouvertes de neige) afin de limiter la consommation de bourgeons et petites branches d'arbres.

 

CHOCOLAT

CHOCOLAT – suspicion fécalome

CHOCOLAT un cheval miniature, entier, né en 2012 et vu en urgences en mars 2018 pour colique.
Nous avons suspecté un fécalome. CHOCOLAT a été géré médicalement au domicile de leurs propriétaires. Grâce à leur surveillance 24h sur 24, CHOCOLAT a bien répondu au traitement médical

 

Mais qu’est-ce le fécalome ?? 

Les fécalomes sont des matériaux fibreux secs qui entraînent une occlusion de l’intestin (principalement le colon transverse ou descendant).

Ils sont généralement composés d'aliments fibreux résistants qui ne contiennent pas suffisamment d'eau pour pouvoir passer dans l'intestin ou qui sont composés d'un contenu si dur qu'ils ne peuvent pas être décomposés mécaniquement au cours de la digestion.

Dans certains cas les chevaux ingèrent des corps étrangers (copeaux, ficelles, plastique ou encore sac d’alimentation !) à l’origine de cette impaction.

Quels sont les chevaux les plus touchés ?

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Les chevaux prédisposés sont plutôt les jeunes chevaux et les races miniatures. Chez certaines races miniatures des agglomérats de poils ont été retrouvés comme étant à l’origine du bouchon appelé alors trichobézoard (principalement au printemps lorsque la mue se fait : l’auto-toilettage ou le toilettage mutuel entre les chevaux miniatures peuvent entraîner l’ingestion de grande quantité de poils).

Les chevaux plus âgés avec une mauvaise dentition peuvent également être prédisposés aux fécalomes en raison de l'incapacité de mastiquer correctement.

Comment s’en rendre compte ?

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Les signes de suspicion d’un fécalome vont être ceux des coliques : douleur abdominal (se couche, se regarde les flancs, gratte le sol, tourne en rond…), distension abdominale, absence d’émission de crottin, ténesme,…

 

Que faire dans ce cas là ?

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Appelez immédiatement votre vétérinaire ! Lui seul pourra vous conseiller et agir. 

 

Que pourra-t-il faire ?

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Malheureusement il est difficile de confirmer le diagnostic. En effet, selon la bibliographie dans 50% des cas, le vétérinaire ne peut pas sentir le bouchon à la palpation transrectale. Il s’agira plutôt de la réponse ou de l’absence de réponse au traitement que votre vétérinaire s’orientera vers une suspicion de fécalome. Dans certains cas et si votre vétérinaire est équipé une radiographie de l’abdomen (plus facilement réalisable chez les poulains ou races miniatures) peut aider au diagnostic.

En l’absence d’amélioration une chirurgie est fortement conseillée.

 

Que faire en prévention ?

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- accès à volonté à l’eau : vérifier principalement l’hiver que l’eau dans les bacs n’ait pas gelé

- bonne hygiène dentaire 

- alimentation : fourrage de bonne qualité (éviter les rebuts de brebis ou autre)

- pansage régulier lors des mues importantes

- vérifier l’absence de ficelle de ballot lors de la distribution du foin

 

Références
Gay C.C., Speirs V.C., Christie B.A., et al. Foreign body obstruction of the small colon in six horses. Equine Vet J. 1979;11:60-63.

McClure J.T., Kobluk C., Voller K., et al. Fecalith impaction in four miniature foals. J Am Vet Med Assoc. 1992;200:205-207.

Reed SM, Bayly WM, Sellon DC. Equine internal medicine. 4th ed. Elsevier, St. Louis. 2017:1488p.

 

UBIBI et PAVLOV

UBIBI, hongre OC (Lipizzan*ONC) de 10 ans a été vu la première fois pour un épisode de myosite à l’effort dite « coup de sang » lors d’une balade. Le cheval était figé et se déplaçait très difficilement. Lors de la balade, pourtant peu intense, UBIBI s’est mis à stresser et peu de temps après a présenté des raideurs musculaires.

 

Une fois l’urgence (oui il s’agit bien d’une urgence car les lésions pour les reins notamment peuvent être irréversibles) maîtrisée, nous avons eu une réflexion avec la propriétaire de la cause de cette myopathie. Les myosites à l’effort sont majoritairement vues après une période de repos suivie d’un effort intense et prolongé +/- associé à une inadéquation de la ration par rapport au travail réalisé. Or UBIBI est dans un environnement très maitrisé : il n’est pas laissé longtemps au box, son alimentation est  correctement géré et la reprise de l’activité s’est faite en douceur.  Par contre UBIBI est un cheval plutôt anxieux. Nous avons donc suggéré à la propriétaire que UBIBI pouvait avoir une maladie génétique le prédisposant à ces myosites même s’il ne fait pas partie des races les plus connues pour être atteint (Quarter Horse et Cob principalement pour les PSSM – myopathie par défaut de stockage des polysaccharides –  ou les TF et PS pour les RER – rhabdomyolyses récurrente à l’exercice).

 

Parlons maintenant de PAVLOV, cas plus subtile…

PAVLOV est un Poney Haflinger hongre de 15 ans au jour de la consultation.  PAVLOV est suivi depuis plusieurs mois pour des suspicions de dorsalgies et des irrégularités à l’effort. PAVLOV a vu plusieurs vétérinaires et ostéopathes et sa locomotion a tendance à faire le « yoyo » : des jours il semble aller bien et d’autres il n’est pas en forme. Sa propriétaire ayant du mal à mettre un mot à son ressenti.

A la suite d’un examen orthopédique complet l’impression générale est en faveur d’une raideur sans anomalie des extensions dorsales / thoraco-lombaires et flexion thoracique. C’est à la suite d’un interrogatoire avec sa propriétaire associé à la race de PAVLOV que la puce est mise à l’oreille : et s’il souffrait d’une myopathie d’origine génétique ?

Les enzymes musculaires pré et post effort sont dosées et sont augmentées. Nous décidons donc de faire les tests génétiques pour la recherche d’une PSSM.

Dans ces deux cas une PSSM est recherchée. La PSSM est un désordre de stockage du glycogène (molécule permettant de donner de l’énergie aux muscles) : une accumulation de glycogène et de complexes polysaccharides anormaux se fait dans les fibres musculaires. Ce glycogène est non utilisable par le cheval qui possède des cellules ayant une mutation « GYS 1 ». Si le cheval possède cette mutation GYS 1 (test génétique sur sang ou crins) il est dit atteint de PSSM  de type1.

Si par contre un cheval n’a pas cette mutation mais qu’il possède bien un stockage anormal de glycogène (observable à l’aide d’une biopsie de muscle) il est dit atteint de PSSM de type 2.

Pour détecter ces deux formes il est donc nécessaire de réaliser une détection de la mutation GYS 1 par prise de sang ou analyse des crins. Si les résultats reviennent négatif mais que la suspicion est forte il est nécessaire de faire une biopsie musculaire.

Les résultats pour UBIBI sont revenus + pour la PSSM 1, par contre pour PAVLOV ils sont revenus négatifs. Compte tenu de l’historique nous avons réalisé la biopsie de muscle – qui consiste à prélever un bout du muscle de la fesse – chez sa propriétaire directement. Après analyse histopathologique de ce prélèvement les résultats étaient en faveur d’une PSSM de type 2 !

Ces résultats peuvent « effrayer » dans un premier temps mais nous avons été très contents d’avoir les diagnostiques pour ces deux chevaux.

En effet une fois que nous avons pu détecter d’où venaient les problèmes ces deux chevaux ont pu retrouver une activité normale grâce au traitement qui consiste à :

- avoir une alimentation spécifique : diminuer la part d’amidon, augmenter les matières grasses et le fourrage et apporter davantage de vitamines E principalement.

- avoir une gestion suivie de l’activité du cheval : pas de box > 12h, activité régulière, éviter toute source de stress. Une bonne gestion de l’activité peut même chez certains chevaux suffire sans alimentation spécifique.

 

Pour l’anecdote, en recherchant à postériori dans la littérature les races Lipizzan seraient également prédisposées aux PSSM !

McCue ME, Ribeiro WP, Valberg SJ (August 2006). "Prevalence of polysaccharide storage myopathy in horses with neuromuscular disorders". Equine Veterinary Journal. 38 (S36): 340–344. doi:10.1111/j.2042-3306.2006.tb05565.x. PMID 17402444.

 

LOO'PING

LOO’PING – Asthme sévère

 

Voici l’histoire (compliquée) de LOO’PING, un poney hongre de 19 ans vu en 2017 pour une suspicion de syndrome métabolique équin associé à une fourbure qui a été très longue et complexe à gérer (mais ce n’est pas l’histoire d’aujourd’hui) ! LOO’PING est également connu depuis des années pour des crises d’asthme gérées avec des corticoïdes, c’est la raison pour laquelle il est venu dans le Tarn.

 

En mai 2018 LOO’PING a eu une rechute d’asthme qui est restée sous jacente jusqu’en juillet malgré le retrait du foin et la mise sous corticoïdes.

En juillet il présentait une toux quinteuse et des difficultés respiratoires. L’auscultation pulmonaire présentait de nombreux sifflements inspiratoires et expiratoires dans les cadrans droits et gauche associées à de nombreux râles trachéaux. De juillet à octobre LOO’PING a présenté des hauts et des bas avec une dilatation des naseaux quasi permanente malgré la mise sous différents traitements et alimentation adaptée.

En octobre 2018, le poney a fait une détresse respiratoire lors du lavage broncho-alvéolaire (examen complémentaire visant à prélever des cellules en contact avec les poumons). Nous avons donc du arrêter l’examen complémentaire et emmener LOO’PING dans un centre de référé pour le mettre sous surveillance avec oxygénothérapie au besoin.

 

A son retour nous avons essayé de mettre en place des nébulisations qui devenaient la dernière option thérapeutique après tout ce qui a été fait. Ces nébulisations ont malheureusement été arrêtées car LOO’PING ne les supportaient plus.

 

Avec énormément de patience de la part des personnes s’en occupant et des propriétaires, ainsi qu’un suivi rigoureux, LOO’PING s’est enfin sorti de cette crise après plusieurs mois et de nombreux kilo perdus !

 

Ce cas nous montre l’intérêt énorme de l’investissement des personnes s’occupant des équidés atteint d’asthme équin (anciennement appelé « emphysème »). Sans l’investissement permanent de ses propriétaires mais surtout de la personne qui s’occupe quotidiennement du poney, LOO’PING ne serait pas dans cet état aujourd’hui.

 

La plupart du temps les propriétaires et surtout les personnes s’occupant des chevaux des autres ne comprennent pas l’intérêt de retirer le foin parce que le cheval « tousse juste ». Cette maladie peut devenir catastrophique et même si chez certains chevaux des traitements ont été « miraculeux » chaque cheval est différent et pour certains nous mettons énormément de temps avant de casser le cercle vicieux de l’inflammation pulmonaire et cela reste à vie un équilibre fragile susceptible de se rompre (car à long terme, le poumon va se fibroser et perdre son élasticité, passant d’une simple inflammation à des lésions irréversibles.)

 

Je n’ai pas parlé ici des traitements et signes cliniques de l’asthme équin, si cela vous intéresse, allez voir la page facebook « Vétérinaires équins du Jat » ou le compte facebook « Vet’équins du Jat ».

 

Encore un grand merci aux personnes qui nous ont fait confiance pour la gestion de LOO’PING.

HEAVEN

 

 HEAVEN – plaie ars

 

Voilà l’histoire d’HEAVEN une pouliche qui a commencé sa vie en faisant bien parlé d’elle !

 

Le 2 juin, jour de la naissance d’HEAVEN, les propriétaires cherchent partout la mère qui s’était échappée de son pré. En dehors du pré, le placenta est retrouvé dans le barbelé et la jument dans un ravin en contrebas ! La jument était coincée par un arbre, dans la pente parmi les ronces et broussailles ! la propriétaire décide de descendre dans les ronces pour tenter de trouver HEAVEN et rassurer sa maman d’HEAVEN.

 

Devant l’incapacité d’HEAVEN et sa maman à se sortir de cette situation, les pompiers et le vétérinaire sont rapidement venus pour couper le grillage, sortir HEAVEN et sa maman et s’occuper des premiers soins. En effet HEAVEN, coincée, s’est beaucoup débattue, s’est affaiblie et n’a probablement pas pu téter rapidement. Elle présentait également une plaie en regard de la face dorsale de l’avant bras gauche à la jonction avec l’ars.

Nous avons alors perfusé la pouliche et réalisé une suture de la plaie après nettoyage et désinfection.

 

Cependant quelques jours plus tard, à force de se gratter l'antérieur, les points sont partis et la plaie s’est agrandie. Nous avons donc dans un premier temps fais des soins locaux qui n’ont malheureusement pas suffit. La plaie s’est encore agrandie et nous avons du faire un parage de la plaie et coupe a peau morte. Il nous a fallu protéger cette plaie car HEAVEN ne frottait ou léchais à longueur de journée. Un premier pansement a été réalisé. Malheureusement, du fait de la localisation de la plaie (et des mouvements) ce pansement ne tenait pas correctement. Et à ce moment là les propriétaires ont eu une idée formidable : lui mettre un tee shirt pour ne pas que la pouliche y touche !

 

Grâce à l’ingéniosité de ses propriétaires nous avons découvert une nouvelle technique de pansement pour les plaies de cette région !

 

Et encore une fois et comme dans l’exemple de Quina, la cicatrisation peut s’avérer impressionnante !

 

Encore bravo aux propriétaires, à leur soins et leur surveillance.